Historique
Édouard Desrivières
Premier colon, orfèvre, 1848
« C’est là que la plupart des voyageurs s’arrêtaient pour se reposer. C’est là que les explorateurs de lots se ralliaient. La renommée s’attacha à ce lieu comme à un centre. Le site prit le nom de « l’équerre » et sans préjudice pour personne les premiers habitants le lui conservèrent longtemps. »
La paroisse de Saint-Camille
L’abbé L.-A. Lévêque, 1908
Un peu d'histoire
En 1848, un dénommé Edouard Desrivières1, orfèvre de la région de Québec posa son sac et sa hache sur ce territoire forestier des Cantons de l’Est encore vierge et rempli de promesses. Son compagnon de voyage, M. Drolet, poursuivit son chemin en direction sud jusqu’à un lac qui n’avait encore ni nom, ni riverain (le lac Drolet).
Quelques années plus tard, Zoël Miquelon2 poète et bâtisseur, arriva à l’Équerre, premier nom donné à Saint-Camille. Lui et ses partenaires pionniers entreprirent la fondation de la municipalité de Saint-Camille en 1868. Il fut le premier secrétaire (directeur général) de ce qu’il a nommé comme dans l’une de ses plus belles poésies : « Mon village ».
Saint-Camille a prospéré très rapidement, comme la plupart des villages québécois de cette époque, avec l’agriculture et toute la structure socio-économique qui en découlait. De nombreuses fermes, de nombreuses entreprises de transformation, des services de proximité bref, une sorte d’autarcie3 de village comme cela se vivait un peu partout dans les régions du Québec. Puis, après la deuxième guerre mondiale, le mouvement migratoire des populations rurales vers les grandes villes a conduit Saint-Camille et les autres villages dans une sorte de récession lente mais continuelle. La population est passée de 1100 habitants en 1911 à 440 dans les années ’80. La grande majorité des services de proximité a dû mettre la clé dans la porte petit à petit, si bien que depuis quelques années, on peut affirmer que le village a été considérablement dévitalisé.
Afin d’y conserver une certaine vitalité, dès 1977, un groupe de onze personnes désirant centraliser les services bureaucratiques de la localité, créent une société sans but lucratif, appelée « Les Entreprises bénévoles » et font l’acquisition du bâtiment de la Coopérative agricole laquelle n’était plus en opération. Au-delà de 80 personnes, de 14 à 75 ans, participent bénévolement aux travaux nécessaires à la métamorphose de ce bâtiment. S’ensuit la relocalisation de la Caisse populaire Desjardins, qui en devient plus tard propriétaire, le secrétariat de la municipalité et pour quelques temps la Mutuelle d’Assurance. La caserne des pompiers, le bureau de poste, la bibliothèque et la maison des jeunes vinrent compléter la réunification.
Par la suite, en 1984, la Féerie des fleurs et le comité d’embellissement font leur apparition pour la préservation de notre environnement horticole et paysager et pour la fête, bien sûr ! Toujours dans les années ’80, un groupe de promoteurs appelé le Groupe du Coin décide de passer à l’action en rachetant la bâtisse qui abritait l’ancien magasin général et qui tombait en désuétude. Des gens de la communauté et des environs mettent sur pied un formidable projet qui deviendra en août 1988 Le P’tit Bonheur. Une sorte de magasin général de services, un lieu de rencontres au quotidien qui offre à toute la population un centre communautaire et culturel qui rayonne encore aujourd’hui sur les communautés environnantes, sur la région estrienne et même au-delà. Au début des années ’90, une nouvelle sonnerie d’alarme se faisait retentir avec la « crise du bureau de poste ». La communauté se mobilise à nouveau et réussit à assurer le maintien de ce service des plus importants, symbolisant la vie d’un village québécois.
Le festival western prend naissance au milieu des années ’90 au plus grand plaisir des propriétaires de chevaux et de tous les amateurs de country des environs. De plus, une série de nouveaux organismes, qui sont pour la plupart des outils de développement de notre communauté, voient le jour. Il s’agit de la Corporation de développement socio-économique en 1994, du Centre d’interprétation du milieu rural en 1996 (plus concrètement à partir de 1999), du Salon sur la diversification agricole en 1999, de la coop de solidarité la Corvée en 2000, de la coop de solidarité la Clé des champs en 2003, puis en 2007, des coop de solidarité du bois d’œuvre et du rang 13.
À travers toutes ces années, de nombreuses associations ont également participé activement à la réputation du village en matière d’activités communautaires et sociales. On n’a qu’à penser au Club d’âge d’or (aujourd’hui Club fadoq), au Cercle de Bonne entente, aux Chevaliers de Colomb, à la Popote roulante, au comité de loisirs, au Carnaval, etc. Saint-Camille est devenu, au fil du temps, un véritable symbole du développement local intégré reconnu un peu partout à travers les régions du Québec. Depuis août 2006, notre réputation se balade même en dehors des frontières québécoises grâce à un article dans le célèbre journal Français : Le Monde diplomatique. C’est lors de la Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec du printemps 2006 que monsieur Jacques Proulx, président de l’organisme et citoyen de Saint-Camille, a invité monsieur Bernard Cassens, directeur du journal, à visiter son village ce qui a inspiré ce dernier à faire un article sur cette impressionnante petite bourgade de la campagne québécoise.
À l’aube de l’an 2008, nous sommes sur le point d’accueillir plus de 25 nouvelles familles grâce aux deux projets de développement domiciliaire soit celui du rang 13 et celui du parc agro-villageois au village. La persévérance et la clairvoyance de nos leaders visionnaires locaux, qui ont su s’adjoindre de très nombreux partenaires, portent fruits. Après plus de 80 ans de décroissance démographique, nous pouvons maintenant affirmer avec fierté que Saint-Camille a bel et bien renversé la vapeur !
Le village de Saint-Camille
« La paroisse de Saint-Camille paraît agréablement sise sur d’immenses plateaux de verdure. L’horizon s’en rapproche sous des couleurs diverses et des formes variées. En certains endroits on voit des montagnes où alternent des ceintures d’arbres et des champs en culture. Ailleurs c’est l’ondoyante forêt. Les bois sont l’érable, l’orme, le merisier, le tilleul, le hêtre, le frêne et le pin. Le sapin, la pruche et l’épinette dominent dans les endroits bas et humides.
Le village repose sur un plateau légèrement arrondi. Les vallons qui l’entourent alimentent d’un côté un petit ruisseau, de l’autre, la Madeleine, une petite rivière.
Remarquons que la nature, ici, est tout entière aux défricheurs. Elle n’offre rien aux muses. Point de nappes d’eau tranquilles où les astres et l’azur se mirent, point de vagues écumantes.
En revanche vous avez les brises de l’est, le bruissement des arbres feuillus, le léger murmure des rivières et des ruisseaux. »
La paroisse de Saint-Camille
L’abbé L.-A. Lévêque, 1908




